Semaine du 25 au 31 juillet

  • admin
  • Juil 25, 2016

Korte prinsengrachtAllez viens, j’t’emmène le temps d’une parenthèse. Tu m’as dit que jamais t’avais vu mes canaux, que jamais t’avais bu d’cette eau. J’t’emmène et notre semaine éphémère elle sera comme une rêverie qui coule de source, sans cheminement ni promesse, une claque d’air frais qui décoiffe le temps – tu sais celui là même qui s’écoule, inéluctablement.

Allez viens, j’t’emmène dans mon pays plat découvrir l’été blanc.

 

Toi tu voles, donc moi je danse.
Je vais t’emmener rayonner dans les nuits ambrées de bières : celles du Beyond Festival, de Tropicalismo, ou de Nacht Varen si t’aimes les foules en plein air – mais j’ai une ou deux options de reconversion si comme moi tu préfère les plus petits comités.
De Bovenkamer ou De Zomernacht si les ondes électros se réverbèrent mieux sur toi dans les clubs claustros. Mais je nous verrais bien à bout de souffle en pleine transe dans une église perdue du port. Et puis j’suis bien sure que la nuit improbable qui fondra sur la Nef des Fous vendredi inspirerait notre poésie…

Toi tu joues, moi je regarde.
J’me fais des toiles, à la belle même parfois. Dans un jardin-paradis du Nord. Sur le sable d’une plage urbaine. Dans un parc pourquoi pas, ou ce soir dans des anciennes halles pour pratiquer ton anglais ?
Toi tu joues – moi je regarde, et j’écoute. Les notes d’Hélène Grimaud qui dévalent sur le piano du Concertgebouw. Et Idiott Smith tu connais pas ? Viens – écoutons et on deviendra amis ce jeudi dans la boutique d’American Apparel. J’écoute; les histoires que les sisters me racontent dans mon repère confiné du Mezrab au bord de l’Ij.
Toi tu joues, moi j’ouvre mes yeux et mes oreilles – spectatrice invétérée de la ville qui bruisse de milles tintements autour de moi : une exposition de films et de photos sur les débuts du sovietisme dans le quartier juif (précédé d’une conférence pour l’inauguration par la curatrice Susan Goodman ce mercredi) ; une initiation à la photographie dans une sublime bâtisse ce dimanche. Réfléchir au sens de la vie dans une sulfureuse église du quartier qui rougeoie. Redécouvrir Shakespeare en néerlandais dans un bois du Sud. Et puis s’émerveiller du mythique Burning Man qui débarque en Europe dans ma belle Amsterdam.
Et puis si on était fou et complètement libre, on prendrait même le large en direction du Sud et on pédalerait en musique, théâtre et danse dans le port d’Anvers.

Toi tu voltiges, moi je plane. Eblouie dans ces ruelles qui ne cessent de me murmurer leurs mots d’amour. Je me laisse flotter sur le pont d’un bateau qui s’appelle Odessa et je danse sans un mot au soleil des jeudis. Je flâne sur les marchés aux puces des quartiers chics, je papillonne en gourmandises dans un festival de bonne bouffe sur une plage ou tout en musique sur les rives de  »mon » lac de l’Ouest, je dérive avec mes amis les hippies sur la Mer du Nord ou dans un petit sauna pas très pudique. Et puis aussi, je savoure vietnamien dans un tout petit bar gay, j’deviens l’amie des sous-marins (les jaunes, de préférence) et joueuse j‘pourrais même essayer de t’envoler dans le mystérieux Vondelpark… Alors cap ou pas cap ?

westerkerk gay pride
Toi et moi on fantasme – existes-tu d’ailleurs ?
Quand certains luttent, pour leurs droits et leurs libertés : en cette semaine européenne des fiertés, mon petit monde tolérant se drape de l’arc-en-ciel. Ce soir, mes copains d’Atria go pink, mercredi la galerie Framer Framed s’interroge : Somos Libres ?, vendredi le Stedelijk-musée d’Art contemporain partage aussi l’affiche et ce week-end c’est le Westerpark qui entre dans la danse endiablée à l’occasion de la nouvelle édition du Milkshake festival. Et les plus néerlandais iront à l’Artis-zoo s’informer sur l’homosexualité dans le monde animal.

Je t’attends toujours pas, bel inconnu – tu m’en veux pas, j’commence sans toi. Cette semaine me met en joie !

 

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