Lundi s’installe confortablement et dans le soleil grandiose de cette mi-avril je m’interroge : à quoi vais-je consacrer ma semaine ? La time-line de mon Facebook-event dessinera t’elle plutôt des couleurs nerdy-arty ou out-door & sportswear ? La tendance générale sera-t-elle « notes et musique » ou bons restos nouvellement dégotés ?
Tandis que j’en suis là, à m’interroger, je réalise que d’ici vendredi mon agenda est plutôt libre. Quelle surprise ! Quelle liberté ! À moi de remplir les lignes, en toute fantaisie.
Je vais donc quand même vous parler de quelques incontournables dont j’ai pu entendre parler ici et là, tout en brodant avec délectation un programme issu de mon imagination :
Les petits ajouts du vendredi :
Du homard à déguster sur une superbe terrasse au bord de l’Ij, une boum 100% musique française au Nieuwe Anita, un marché consacré à l’art, au design, à la bonne bouffe, et à la musique bien sur dans le village hippie de Ruigoord, histoire de danser autour du feu ou de s’aérer loin de la ville en famille, une visite guidée en vélo et en français à des prix défiants toute concurrence organisée par les réseau »Francais du monde – Pays Bas », une discussion autour du livre Charlotte, de David Foenkinos à l’Institut français et du théâtre, en français toujours, avec une représentation de La Nuit de Valognes, reprise audacieuse du célèbre mythe de Don Juan, une projection de Basquiat – The Radiant child au OT301, du bon son pour les clubbers au Radion Club et au Marktkantine vendredi soir, et un festival super bon enfant dimanche soir pour découvrir la scène locale électro, indie rock & punk au OCCII : voilà en gros toutes les suggestions dont je vous faisais part pour ce week-end.
J’y ajoute : pour les anglophones, une conférence-débat-workshop pensée comme un safari urbain (j’sais pas vous mais moi j’adore cette idée !), autour du thème de l’identité et des frontières est organisée par le Volkshotel. Des interventions (et des expéditions) du centre d’art de Appel arts, de la friche et centre d’expérimentation urbaine De Ceuvel, du jardin Hortus Botanicus, du célèbre Amsterdam Muséum, et du collectif Imagine IC sont attendus.
J’allais presque oublier d’en parler : du cinéma iranien soutitré en anglais dans un centre culturel et social super cozy, c’est le rendez-vous Iranian New wave cinema, chez Joe’s garage.
Pour les gourmands et amateurs d’innovations dans le domaine environnemental : une nuit »pizza » dans l’incroyable ferme du Kas-Kantine. Vous ai-je déjà parlé du Kas-Kantine ? C’est un endroit à part, qui se présente ainsi sur le site internet : The KasKantine (greenhouse cantina) is a cozy urban farm with a little restaurant, hidden on the premises of an old sugar factory just two train stops away from Amsterdam and safe from our postapocalyptic society. Une ferme urbaine, donc, en autosuffisance électrique, spécialisée dans la production en aquaponie (oui, moi aussi j’ai appris y a deux jours ce que c’était, ça m’a renversée, littéralement !), accessible en 10 minutes de train mais qui se revendique loin et en sécurité de notre société post-apocalyptique. Tout un programme !
Mais il faut dire que, plus prosaïquement, ce lieu fait rêver ! C’est beau… [je me permets de prendre des libertés avec vous] : c’est même hallucinant comme c’est beau. Et c’est paisible. Charlie, l’un des deux fondateurs, est un petit français et c’est un roi des fourneaux. Et tous les vendredis on s’y retrouve pour refaire le monde et manger des pizzas (le reste du temps, il faut réserver. Les menus dépendent des produits du moment.).
Pour les utopiques encore, le mouvement NuitDebout commence à faire quelques adeptes sur la place du Dam. Hier, une grosse soixantaine de personnes s’y sont retrouvées pour échanger leurs points de vue et tenter de s’organiser. Ils – en fait… on – y seront aussi ce soir, demain… jusqu’au 48 mars ?
Musique et danse, maintenant !
Adeptes de lindy-hop : tous les vendredis au Kompaszaal c’est musique live et swing à gogo !
Pour mes oiseaux de nuit, j’suis plutôt fière car l’excellente Chloë du magazine Overdoze.am nous conseille grosso-modo pour ce week-end les mêmes soirées que moi (voir ci-dessus). Petit hint d’ailleurs, si j’étais vous (et que je ne travaillais pas demain), je filerai vraiment au Marktkantine ce soir pour une line-up de folie : I-F, Legowelt et Mike Servit pour une soirée acid et pointue.
Amateurs de jazz enfin, j’ai découvert un nouveau rendez-vous hebdomadaire (qui pourtant ne date pas d’hier et dont le succès n’est pas démenti par les années qui passent…) : tous les dimanches au Sugarfactory a lieu le Wicked Jazz Sounds Club night. Attaquer la semaine de 23h30 à 5h du matin en groovant sur du live… que demander de plus ?
– le festival Film et Science, tout d’abord, organisé par l’Institut Français d’Amsterdam (celui là même qui est condamné à une fermeture au gout très amer en juin prochain). Film&Science a pour ambition de trouver des passerelles entre l’actualité des recherches scientifiques et le 7ème art, ou encore de présenter la recherche… de façon divertissante. Le thème de cette édition sera donc consacré cette année à l’odorat et au parfum, soit 2 soirées-projections au FilmHallen -l’occasion d’une pause gourmande juste avant la séance- et une dans les murs de l’Institut -ce superbe et ancien hospice wallon– accompagnées de conférences et rencontres. Pour les plus motivés ou les grands voyageurs, la clôture se fera à Groningen, mon informateur m’a promis qu’elle sera belle.
– si les cieux facétieux nous prévoient quelques journées de pluie, de gris, de grands frimats, sachez que le Rijksmuseum accueille en ce moment une exposition sur Breitner. Cet événement est pensé comme une ôde à l’art de la variation obsessionnelle : toutes les filles en kimono du maitre néerlandais y seront rassemblées pour la première fois.
– anecdotique : un ancien bunker dans le Vondelpark, qui organise chaque jeudi une soirée ping-pong, on est dans l’improbable n’est ce pas ? Pourquoi ne pas nonchalamment se prêter au jeu de l’inattendu et aller tâter du pongiste autour d’une bière avant le week-end ?
Amoureux de street-art et de 7ème art ? Ne manquez pas la projection de Basquiat – The Radiant child au OT301.
– la semaine dernière on m’annonçait que la saison du homard avait commencée (kreeft, en néerlandais). Elle ne dure que 3 mois, d’avril à mars, donc mieux vaut se précipiter si vous êtes amateurs. La meilleure adresse pour faire pétiller vos papilles ? Stork : imaginez un restaurant spécialisé de poissons, une superbe terrasse, un cadre industriel surprenant… et un passage en bateau pour s’y rendre !
– Musique et danse : comme tous les jeudis, un milonga de tango ouvert au public dans une belle église du sud de la ville. Comme tous les mercredis, ce sera rock’n roll à Clandestien à partir de 20h30, l’entrée est gratuite et l’ambiance vraiment chouette. Plus surprenant : un « late night café » dans le grandiose Concertgebouw (la salle classique de la ville, à l’acoustique réputée dans le monde entier) : l’entrée est gratuite et la programmation sera électronique ! Vendredi, si La Boum fait partie de vos madeleines de Proust faites un tour au Nieuwe Anita, notre repère bien aimé, pour enflammer le dance-floor sur des sons 100% frenchie !
Je referai un point sur les grosses soirées du weekend, mais je peux déjà vous annoncer que y aura de quoi faire au Radion Club et au Marktkantine vendredi soir également. Encore à signaler, un festival super bon enfant dimanche soir dans le squat auto-géré du OCCII, pour découvrir la scène locale électro, indie rock & punk (oui, tout ça !).
– Plein air : tout le week-end le village hippie de Ruigoord ouvre ses portes pour un immense marché consacré à l’art, au design, à la bonne bouffe, à la musique bien sur, et mille autres activités. L’occasion de faire une petite ballade en vélo, de danser ou de philosopher à la chaleur des braséros la nuit, ou encore de pique-niquer en famille la journée.
Dimanche sinon, plus classique, une visite guidée d’Amsterdam en vélo et en français, organisée par nos copains d’Amsterdam Vélo et le réseau « Français du monde – Pays Bas ».
– conférences, rencontres et discussions… et autre : le cycle « Decolonize your mind » continue à la galerie W139, organisé par le collectif University of Colors (qui a émergé des grèves universitaires de l’année passée – chose assez rare en Hollande pour être soulignée). Une discussion autour du livre Charlotte, de David Foenkinos à l’Institut français. Du théâtre, en français toujours, avec une représentation de La Nuit de Valognes, une reprise du mythe de Don Juan dans laquelle le séducteur se fait juger par ses victimes, ce sera samedi, à 20h30.
Bonne semaine, savoureuse, à tous !