Semaine du 16 au 22 novembre


Parce que je n’ai pas l’éloquence des grands pour exprimer mes pensées qui vont aux victimes de la barbarie humaine – de Beyrouth à Paris… et bien ailleurs.

Le Papillon
Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté !
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté !
Lamartine

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Les p’tits ajouts du vendredi – et ils sont importants car la semaine n’avait pas été tant inspirée !
Tout d’abord l’IDFA a commencé, soit le festival International du Film Documentaire – l’un des plus grands en son genre. Le programme est… fourni – vous m’excuserez cet euphémisme. (Et si le grand écran ne vous fascine pas, vous pouvez toujours ce soir vous rendre dans l’antre du festival, le superbe Café de Jaren, pour faire la fête !).
Anglophones, si les débats vous intéressent : une conférence prometteuse a lieu au Cinéma de Balie, Arts and Culture in Times of Conflicts.
Amateurs de soirées, rendez vous au mystérieux Marktkantine ce soir
Curieux ? N’hésitez pas à aller visiter la prestigieuse Rietveld Academy (équivalent des Beaux Arts) lors de la journée Portes Ouvertes ce samedi.
Aventureux, laissez vous tenter par une rave de musique classique dans un caveau du Jordaan.
Impudiques, faites un sauna sous les étoiles dans le Grand Nord et en musique !
Voyageurs, allez rêver à Joe’s garage et découvrir la Perse.
Et puis, pourquoi pas du Poulenc à l’Opéra ?

Enfin mes chers oiseaux de nuit, pour vous qui souhaitez vous éblouir sous les flashs et au son des notes électros, je délègue comme chaque semaine mon rôle à l’excellente Chloë, official party-guide du magazine Overdose.am !

 

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Vendredi noir, samedi rouge. Dimanche brumeux.
Lundi… quoi ?

Lundi pourri – comme un lundi.
J’ai du mal à retrouver le fil.
J’ai du mal à me dépêtrer de tout ce bruit, de tous ces mots. Ces mots d’amour, ces mots d’espoir, ces mots réfléchis, ces mots bénis, ces mots à savoir écouter aussi.
J’ai du mal à trouver la légitimité pour vous conseiller quoi faire cette semaine, en Batavie. J’ai bien trouvé une liste par ici, j’sais pas si elle vous plaira. Moi ça me séduit, bien sûr au fond – l’idée de s’dire qu’on va rentrer en résistance à grandes lampées de Sauternes (n’en déplaise à la Zatte locale), combattre le fanatisme le cul figé et fasciné dans les salles obscures ou à se déhancher jusqu’à l’extase sous les néons dans des notes acides. Mon cynisme y trouve deux-trois petits trucs à r’dire, mais même lui il n’a rien trouvé de mieux à vous proposer.

Alors voilà, si vous êtes francophones en goguette dans la belle Amsterdam – comme moi un peu confus, un peu perdus mais qu’vous voulez croquer la vie même en s’forcant un peu, comme un devoir d’être toujours en vie, entrons dans l’immense carterie du Keizergracht et écrivons à tous nos aimés combien nous les chérissons. Allons prier les anges rockeurs du Bataclan sur les notes douces de Bianca Casady (Cocorosie) au Tolhuistuin ce soir. Allons rire jaune et noir peut-être un peu jeudi soir, en film et en musique au cinéma des expats pour la première de Je suis mort mais j’ai des amis – titre ô combien parlant ces jours-ci. Allons faire des pieds d’nez aux genres samedi, lors d’une rave de musique classique dans une cave bien cachée. Allons déguster une grande gorgée de culture dimanche à Joe’s garage, découvrir le 7ème art iranien . Allons nous aimer sur les bancs, nous bécoter en toute impunité face au fleuve tranquille, symbole intemporel. Et puis on pourra même y manger – se goinfrer à la lueur des bougies, s’dévorer des yeux et s’aimer au pluriel. Allons nous faire plaisir de petits riens superflus, petits riens riants comme ces petits pois blancs gourmands sur les sacs de Parkarma. Au coeur du Jordaan allons noyer nos larmes et regonfler nos coeurs dans le liquide ambré et les refuges bruns.